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Par Juan Sola Herreros·Mis à jour le ·6 min de lecture·Sources officielles

Résumé immédiat

La règle tient en une phrase, et elle a deux exceptions.

  1. La règle : 0,40 mètre au moins au-dessus de toute construction distante de moins de 8 mètres.
  2. Pente supérieure à 15 degrés : le faîtage suffit, si un dispositif anti-refouleur coiffe le débouché et si rien ne dépasse.
  3. Toiture-terrasse : 1,20 mètre au-dessus du point de sortie, et 1 mètre au-dessus de l’acrotère s’il dépasse 0,20 mètre.

C’est la cote la plus citée du sujet et la plus souvent citée de travers. Elle ne dit pas « 40 centimètres au-dessus du toit » mais quelque chose de plus précis, qui prend en compte les bâtiments voisins. La différence change tout sur une maison mitoyenne. Le guide du chapeau de cheminée traite de la pièce qui coiffe cette souche.

La règle des 40 centimètres, dans le texte

L’article 18 de l’arrêté du 22 octobre 1969 énonce que les orifices extérieurs des conduits à tirage naturel doivent être situés à 0,40 mètre au moins au-dessus de toute partie de construction distante de moins de 8 mètres.

Deux mots portent tout le sens. « Toute partie de construction » vise le faîtage de la maison, mais aussi un mur voisin, une lucarne, un local technique. Et « distante de moins de 8 mètres » définit le périmètre dans lequel on regarde.

Le texte prévoit une réserve : la règle ne s’applique pas lorsque les faibles dimensions de la partie de construction concernée écartent tout risque de placer l’orifice en zone de surpression. C’est une appréciation technique, pas une dispense générale.

La règle des 40 centimètres mesurée au-dessus du faîtage et des voisins
Article 18 de l’arrêté du 22 octobre 1969, en vigueur au 30 août 2026.

L’exception du faîtage sur une toiture de plus de 15 degrés

Le texte prévoit un aménagement pour les toitures de pente supérieure à 15 degrés. Si aucune partie de construction ne dépasse le faîtage à moins de 8 mètres, et si le débouché porte un dispositif anti-refouleur, l’orifice peut être placé au niveau du faîtage.

Les deux conditions sont cumulatives. Un dispositif anti-refouleur seul ne suffit pas si un bâtiment voisin dépasse ; l’absence d’obstacle seule ne suffit pas sans le dispositif.

Cette exception explique une bonne part des souches que l’on voit arriver juste au faîtage sur les maisons anciennes. Elle est parfaitement régulière, à condition que les deux conditions soient réunies, et elle cesse de l’être le jour où le voisin surélève.

La souche sur toiture-terrasse et sur faible pente

Sur une toiture-terrasse, ou sur une toiture de pente inférieure à 15 degrés, le texte fixe deux cotes distinctes. L’orifice doit se situer à 1,20 mètre au moins au-dessus du point de sortie sur la toiture.

Et lorsqu’un acrotère dépasse 0,20 mètre, l’orifice doit également se trouver à 1 mètre au moins au-dessus de celui-ci. Les deux exigences se cumulent : on retient la plus contraignante.

La logique est la même que pour les toitures en pente : sortir de la zone où le vent, en butant sur un obstacle, crée une surpression qui renverrait les fumées dans le conduit. Une souche trop courte sur toiture-terrasse refoule dès la première tempête.

Entretenir la souche de cheminée, au-delà du conduit

La souche est la partie la plus exposée de l’ouvrage : gel, pluie battante, écarts de température. Sa maçonnerie s’ouvre, ses joints s’effritent, et l’eau descend alors dans l’épaisseur du mur.

Trois points se regardent : l’état des joints, le solin qui raccorde la souche à la couverture, et le mitron ou le chapeau qui la termine. Une souche saine se repère à l’absence de coulures et de végétation.

Ces contrôles ne figurent pas sur l’attestation de ramonage. Depuis 2023, l’article R. 1331-75 lie ce document à la vacuité du conduit sur toute sa longueur, rien de plus. L’état de la souche se demande en plus, pendant que quelqu’un est déjà sur le toit.

Rehausser une souche de cheminée trop courte

Quand la cote n’y est pas, la rehausse est la seule réponse durable. Aucun chapeau, aucun aspirateur ne compense durablement un débouché placé en zone de surpression.

Deux voies existent. La rehausse maçonnée prolonge la souche dans le même matériau et se justifie sur un bâti de caractère. La rehausse par élément métallique se pose sur le conduit tubé et pèse moins sur la maçonnerie.

Dans les deux cas, la stabilité au vent se vérifie : une souche allongée prend davantage de prise. Et le calcul repart de la même mesure, celle des 0,40 mètre au-dessus du point le plus haut situé à moins de 8 mètres. La fabrication d’un chapeau revient sur la pièce qui la termine.

Un dernier point pratique : la mesure se prend depuis le toit, pas depuis le sol. Vue d’en bas, une souche paraît toujours plus haute qu’elle ne l’est, et le point de comparaison, lui, se trouve parfois chez le voisin. Un mètre ruban et une photo cadrée depuis la couverture règlent la question en cinq minutes, et depuis 2023 l’occasion revient chaque année avec le ramonage.

Une rehausse se conçoit avec la même exigence que le conduit lui-même. La partie ajoutée doit rester ramonable, étanche à l’eau, tenue au vent, et compatible avec le tubage en place. Une rallonge posée sans reprise du tubage laisse une portion de conduit non chemisée en tête, où la condensation se concentre : c’est le défaut le plus fréquent des rehausses improvisées.

Le choix se fait entre trois familles de solutions. Prolonger la maçonnerie, ce qui suppose un accès et un échafaudage. Poser un élément métallique isolé sur la souche existante, plus rapide et plus léger. Ou déplacer le débouché, quand la souche est mal placée par rapport au faîtage et qu’aucune hauteur raisonnable ne réglera la question.

Dans tous les cas, une rehausse modifie l’aspect extérieur du bâtiment et peut relever d’une déclaration préalable en mairie, en particulier dans les secteurs protégés. La question se pose au début du projet, pas après la commande des matériaux : la réponse arrive en quelques semaines et conditionne parfois la solution retenue.

Un dernier repère de calendrier : les travaux de souche se mènent hors saison de chauffe, entre le printemps et la fin de l’été. Le conduit est froid, le toit accessible sans risque de gel, et les entreprises de couverture disponibles. Un chantier engagé en novembre se termine mal ou pas du tout, et l’hiver se passe sans chauffage au bois.

Questions fréquentes sur la souche de cheminée

De combien une souche doit-elle dépasser le toit ?

De 0,40 mètre au moins au-dessus de toute partie de construction distante de moins de 8 mètres, ce qui inclut un mur voisin ou une lucarne, pas seulement le faîtage.

Peut-on s’arrêter au niveau du faîtage ?

Oui, sur une toiture de pente supérieure à 15 degrés, si aucune construction ne dépasse le faîtage à moins de 8 mètres et si le débouché porte un dispositif anti-refouleur. Les deux conditions sont cumulatives.

Quelle hauteur sur une toiture-terrasse ?

1,20 mètre au moins au-dessus du point de sortie, et 1 mètre au-dessus de l’acrotère lorsque celui-ci dépasse 0,20 mètre.

Un chapeau peut-il remplacer une rehausse ?

Non. Un débouché placé en zone de surpression refoule quel que soit l’accessoire. La rehausse est la seule réponse durable.

Ce qu’il faut retenir de la souche de cheminée

1. Par rapport à quoi se mesurent les 0,40 mètre ?

  • À toute construction distante de moins de 8 mètres
  • Au sol
  • Au faîtage seulement
Voir la réponse

À toute construction distante de moins de 8 mètres. Un mur voisin ou une lucarne entrent dans le calcul.

2. Quelle hauteur sur une toiture-terrasse ?

  • 0,40 mètre
  • 1,20 mètre au-dessus du point de sortie
  • Au niveau de l’acrotère
Voir la réponse

1,20 mètre au-dessus du point de sortie. Et 1 mètre au-dessus de l’acrotère lorsqu’il dépasse 0,20 mètre.

3. Que faut-il pour s’arrêter au faîtage sur une pente de plus de 15 degrés ?

  • Une autorisation de la mairie
  • Rien de particulier
  • Un dispositif anti-refouleur et aucun obstacle à moins de 8 m
Voir la réponse

Un dispositif anti-refouleur et aucun obstacle à moins de 8 m. Les deux conditions du texte sont cumulatives.

Comment ce guide de la souche de cheminée a été vérifié

  • Textes primaires ouverts un par un sur Légifrance, jamais repris d’une synthèse.
  • Les obligations citées ont été contrôlées dans la version consolidée en vigueur du code de la santé publique au 30 août 2026. Les décrets de 2023 sont cités pour retracer l’origine et la renumérotation du dispositif.
  • Dernière vérification des textes : 30 août 2026.
  • Aucun chiffre réglementaire publié sans le texte primaire qui le porte. Les ordres de grandeur pédagogiques sont présentés comme tels.

Juan Sola Herreros

Directeur de projets, département Ingénierie, Panadero

  • Ingénieur mécanique de formation
  • Chez Panadero depuis plus de 9 ans
  • Directeur de projets du département Ingénierie depuis 2020

Textes vérifiés en vigueur le 30 août 2026 : arrêté du 22 octobre 1969 relatif aux conduits de fumée desservant des logements, dont son article 18 de l’arrêté du 22 octobre 1969. Référence professionnelle : NF DTU 24.1, « Travaux de fumisterie — Installation de systèmes d’évacuation des produits de combustion desservant un ou des appareils », version 2020, norme payante citée par son titre et son objet. Attestation de ramonage : article R. 1331-75.

Sur cette page

  1. La règle des 40 cm
  2. L’exception du faîtage
  3. La toiture-terrasse
  4. L’entretien
  5. Rehausser
  6. Questions fréquentes
  7. Ce qu’il faut retenir
  8. Comment ce guide a été vérifié

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