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Par Juan Sola Herreros·Mis à jour le ·6 min de lecture·Sources officielles

Résumé immédiat

Trois cotes commandent un chapeau fabriqué sur mesure.

  1. La section de passage, au moins égale à celle du conduit.
  2. Le débord, qui écarte la pluie de la souche.
  3. La hauteur sous chapeau, qui conditionne cette section.

Et une contrainte : la pièce reste démontable.

Fabriquer plutôt qu’acheter se justifie sur une souche hors dimensions, sur une maison de caractère où le modèle du commerce jure, ou simplement parce qu’on sait travailler la tôle. Le geste n’a rien d’inaccessible, à condition de tenir trois cotes. Le guide du chapeau de cheminée décrit d’abord ce que la pièce doit faire.

Les trois cotes d’un chapeau de cheminée fait maison

La première est la section de passage. Les fumées sortent latéralement, entre le plateau et le débouché : la surface de cette couronne doit rester au moins égale à la section du conduit. Elle se calcule, elle ne s’estime pas à l’œil.

La deuxième est la hauteur sous chapeau, qui détermine directement cette surface. Un plateau posé trop bas étrangle le conduit ; un plateau trop haut laisse la pluie entrer de biais.

La troisième est le débord : la largeur dont le plateau dépasse la souche. C’est lui qui écarte l’eau et l’empêche de ruisseler sur la maçonnerie. Un débord généreux protège la souche autant que le conduit.

Le chapeau se dimensionne sans modifier la hauteur de débouché
Les cotes du chapeau ne remplacent jamais celle de la souche.

Fabriquer un chapeau de cheminée en tôle

La tôle se plie, se rive, se remplace. C’est le matériau qui laisse le plus de liberté sur les cotes, et le plus facile à déposer pour le ramonage.

Le choix de l’alliage compte davantage que l’épaisseur. Un acier galvanisé ordinaire tient quelques années au contact des fumées acides avant de se corroder, et ses coulures brunissent la souche. L’inox coûte plus cher et dure sans commune mesure.

Les fixations se pensent en même temps que la pièce : pattes de serrage sur le mitron, ou pieds réglables. Elles doivent tenir au vent et se desserrer à la clé. La pose d’un chapeau revient sur ce point.

Fabriquer un chapeau de cheminée en béton

Le béton donne une pièce lourde, durable, et visuellement cohérente avec une souche maçonnée. Il se coule dans un coffrage, avec un ferraillage léger, et il vieillit bien.

Son défaut est le poids. Une dalle de béton posée sur quatre plots charge la souche, qui doit être saine. Sur une maçonnerie fatiguée, le chapeau devient une contrainte permanente plutôt qu’une protection.

Son second défaut est la dépose. Une pièce lourde se retire difficilement, et la tentation de la sceller est grande. C’est précisément ce qu’il faut éviter : depuis 2023, l’article R. 1331-71 fixe un ramonage au moins tous les douze mois, et la pièce sera déposée souvent.

Les erreurs de fabrication d’un chapeau de cheminée

La plus courante est le plateau trop bas. Il protège parfaitement de la pluie et étrangle le conduit. Le tirage baisse sans cause apparente, et personne ne pense à regarder la pièce qu’on vient d’installer.

La deuxième est la grille anti-intrusion à maille fine. Elle arrête les oiseaux et se colmate de suie en une saison. Une maille large suffit à écarter un nid sans réduire le passage.

La troisième est l’absence de goutte d’eau sous le débord. Sans cette arête, l’eau contourne le plateau par capillarité et ruisselle sur la souche, exactement ce que le chapeau devait empêcher.

Fabriquer ou acheter un chapeau de cheminée

Le commerce couvre les cas standard, avec des pièces dont la section de passage a été calculée. Sur une souche aux dimensions courantes, acheter coûte moins cher que fabriquer et évite le calcul.

La fabrication se justifie sur une souche hors norme, sur un bâti ancien où l’aspect compte, ou quand l’accès rend le transport d’une pièce montée compliqué. Elle suppose alors de tenir les trois cotes plutôt que de copier une silhouette.

Dans les deux cas, la même vérification s’impose à la fin : monter regarder après la première saison de chauffe. Une pièce qui s’encrasse ou se déforme se voit à ce moment-là. La souche et sa hauteur reprend l’ouvrage sur lequel elle se pose.

Une dernière recommandation pour qui se lance : dessiner la pièce à l’échelle avant de couper. Trois cotes tiennent sur une feuille, et un croquis coté évite de découvrir en haut de l’échelle que le plateau ne couvre pas la souche. Ce croquis se garde ensuite avec les documents du conduit, comme la plaque signalétique, et il resservira au premier remplacement venu en 2035 ou plus tard.

Et si le doute subsiste sur la section, il vaut mieux surdimensionner la hauteur sous chapeau que l’inverse : un passage trop généreux laisse entrer un peu de pluie de biais, un passage trop étroit étouffe le conduit toute la saison.

L’arbitrage entre fabriquer et acheter se joue moins sur le prix que sur la reproductibilité. Un chapeau du commerce se remplace à l’identique dix ans plus tard, avec la même référence et les mêmes fixations. Un chapeau fait maison se refait entièrement, avec le relevé de cotes et la découpe qui vont avec, et la personne qui l’avait réalisé n’est pas toujours là.

La fabrication garde tout son sens sur une souche hors normes : une section très large, une forme rectangulaire allongée, un mitron ancien que l’on souhaite conserver. Dans ces cas, l’offre du commerce demande une adaptation qui coûte autant qu’une pièce dessinée pour l’ouvrage.

Si vous fabriquez, gardez trace du travail. Un croquis coté, la nuance de tôle employée, l’épaisseur, le type de fixation : ces quatre lignes tiennent sur une feuille et rendent la pièce reproductible. Rangez-la avec le dossier du conduit, à côté de la plaque signalétique du tubage et des attestations de ramonage.

Reste la question de la responsabilité, rarement anticipée. Un chapeau fabriqué par soi-même n’engage aucun fabricant, et un assureur qui reconstitue les causes d’un sinistre le notera. Cela ne rend pas la fabrication déraisonnable, à condition que le reste de l’ouvrage soit conforme et documenté, et que la pièce ne gêne ni le ramonage ni l’évacuation.

Questions fréquentes sur la fabrication d’un chapeau de cheminée

Quelle section de passage pour un chapeau fabriqué ?

Au moins la section du conduit. La surface se prend sur la couronne latérale entre le plateau et le débouché, et elle se calcule.

Tôle ou béton pour un chapeau de cheminée ?

La tôle se travaille et se dépose facilement, l’inox durant bien plus longtemps que l’acier galvanisé. Le béton dure mais pèse et rend la dépose difficile.

Faut-il une grille anti-intrusion ?

Elle est utile contre les nids, à condition d’être à maille large. Une maille fine se colmate de suie en une saison et étrangle le conduit.

Qu’est-ce qu’une goutte d’eau sous le débord ?

Une arête qui casse la capillarité et force l’eau à tomber au lieu de contourner le plateau. Sans elle, l’eau ruisselle sur la souche.

Ce qu’il faut retenir de la fabrication d’un chapeau de cheminée

1. Quelle est l’erreur la plus fréquente sur un chapeau fabriqué ?

  • Une pièce trop lourde
  • Un débord trop large
  • Un plateau trop bas
Voir la réponse

Un plateau trop bas. Il protège de la pluie et étrangle le conduit : le tirage baisse sans cause apparente.

2. Quel alliage tient le mieux au contact des fumées ?

  • L’inox
  • Le zinc
  • L’acier galvanisé
Voir la réponse

L’inox. L’acier galvanisé se corrode et laisse des coulures brunes sur la souche.

3. Pourquoi éviter de sceller un chapeau en béton ?

  • Parce qu’il doit se déposer au ramonage
  • Pour l’esthétique
  • Pour le poids
Voir la réponse

Parce qu’il doit se déposer au ramonage. Le ramonage est imposé au moins tous les douze mois sur un conduit individuel.

Comment ce guide de la fabrication d’un chapeau de cheminée a été vérifié

  • Textes primaires ouverts un par un sur Légifrance, jamais repris d’une synthèse.
  • Les obligations citées ont été contrôlées dans la version consolidée en vigueur du code de la santé publique au 30 août 2026. Les décrets de 2023 sont cités pour retracer l’origine et la renumérotation du dispositif.
  • Dernière vérification des textes : 30 août 2026.
  • Aucun chiffre réglementaire publié sans le texte primaire qui le porte. Les ordres de grandeur pédagogiques sont présentés comme tels.

Juan Sola Herreros

Directeur de projets, département Ingénierie, Panadero

  • Ingénieur mécanique de formation
  • Chez Panadero depuis plus de 9 ans
  • Directeur de projets du département Ingénierie depuis 2020

Textes vérifiés en vigueur le 30 août 2026 : arrêté du 22 octobre 1969 relatif aux conduits de fumée desservant des logements, dont son article 18 de l’arrêté du 22 octobre 1969. Référence professionnelle : NF DTU 24.1, « Travaux de fumisterie — Installation de systèmes d’évacuation des produits de combustion desservant un ou des appareils », version 2020, norme payante citée par son titre et son objet. Fréquence de ramonage : article R. 1331-71.

Sur cette page

  1. Les trois cotes
  2. En tôle
  3. En béton
  4. Les erreurs
  5. Fabriquer ou acheter
  6. Questions fréquentes
  7. Ce qu’il faut retenir
  8. Comment ce guide a été vérifié

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