Résumé immédiat
Quatre gestes, et une interdiction absolue.
- Fermer les arrivées d’air de l’appareil.
- Ne jamais jeter d’eau dans le conduit.
- Appeler les pompiers, même si le bruit décroît.
- Éloigner ce qui touche le conduit dans les étages.
C’est l’accident que le ramonage annuel cherche à éviter, et il survient presque toujours chez ceux qui ont sauté quelques passages. Savoir ce qui se produit, et dans quel ordre agir, change complètement l’issue de l’épisode. Les cinq règles de sécurité placent le ramonage en cinquième position pour cette raison précise.
Reconnaître un feu de cheminée dans le conduit
Le signe le plus caractéristique est le bruit : un ronflement continu et puissant, très différent du crépitement habituel d’un feu de bois. Il vient du conduit, pas du foyer.
Viennent ensuite les signes visibles depuis l’extérieur : des flammèches et des escarbilles au débouché, une fumée épaisse et sombre, parfois des projections sur la toiture.
À l’intérieur, le conduit devient anormalement chaud sur toute sa hauteur, y compris dans les étages qu’il traverse. Une odeur forte de suie brûlée envahit les pièces.
Ce qui brûle n’est pas le feu du foyer mais le dépôt accumulé sur la paroi. C’est pourquoi l’épisode se poursuit même si l’on cesse d’alimenter l’appareil.
Les gestes immédiats devant un feu de conduit
Éteindre un feu de conduit ne se fait pas au sens habituel du mot : on le prive d’air et on laisse les secours faire le reste. Le premier geste est donc de couper l’air. Fermer toutes les arrivées d’air de l’appareil et sa porte prive partiellement le feu de son comburant, ce qui ralentit l’épisode.
Le deuxième est d’appeler les pompiers, sans attendre de voir si le phénomène s’arrête. Un feu de conduit peut sembler s’apaiser puis reprendre, et il fissure les maçonneries de façon invisible.
Le troisième est d’éloigner tout ce qui se trouve contre le conduit dans les pièces traversées : meubles, textiles, objets posés contre une souche intérieure. La chaleur se transmet par les parois bien au-delà de la pièce du foyer.
Le quatrième est de surveiller les combles, où le conduit passe souvent près de charpente et d’isolant, tout en évitant de s’y engager si de la fumée y est présente.
Ce qu’il ne faut jamais faire sur un feu de cheminée
Ne jamais jeter d’eau dans le conduit ni dans le foyer. L’eau se vaporise instantanément au contact de parois portées à très haute température, et l’expansion brutale peut faire éclater la maçonnerie ou projeter des braises dans la pièce.
Ne pas tenter d’obturer le débouché en toiture. Monter sur un toit pendant un feu de conduit expose gravement, et l’obturation d’une sortie sous pression provoque des refoulements dans le logement.
Ne pas ouvrir la porte de l’appareil pour regarder. L’apport d’air relance l’épisode et expose aux projections. Ne pas non plus retirer les bûches en cours de combustion.
Après un feu de cheminée, ce qui doit être contrôlé
La chaleur atteinte pendant un feu de conduit déforme les tubages, ouvre les joints et fissure les maçonneries, parfois sans trace visible depuis la pièce. Une inspection à la caméra tranche.
Le contrôle porte sur toute la hauteur, sur les traversées de plancher et sur la souche. Le tubage déformé se remplace, une maçonnerie fissurée se répare ou se chemise avant toute remise en service.
La remise en service se documente par écrit. Ce document rejoint le dossier de l’installation, avec l’attestation de ramonage qui suivra, et il sera demandé si un sinistre survient plus tard.
La déclaration à l’assureur se fait sans attendre, même sans dommage apparent. Un feu de conduit non déclaré complique tout dossier ultérieur.
Éviter le feu de conduit sur un poêle à bûches
Le ramonage aux échéances est la seule mesure qui retire réellement la matière combustible du conduit. Le cadre en vigueur depuis 2023 impose au moins un passage tous les douze mois, avec la remise d’un document.
Le bois sec vient ensuite : il limite le dépôt à la source. Un bois humide brûlé toute une saison encrasse un conduit plus vite que trois saisons de bois correct.
La conduite du feu ferme la liste. Un appareil tenu à l’étouffée pendant des heures dépose du bistre, un dépôt vitrifié que le hérisson ne retire pas et qui demande un débistrage. Le feu de nuit et sa conduite revient précisément sur cette distinction entre allure réduite et combustion étouffée.
Un point pratique à préparer avant la saison, plutôt qu’au moment de l’incident : connaître le chemin du conduit dans la maison. Savoir par quelles pièces il passe, où il traverse un plancher et comment il aborde les combles permet d’agir vite et de renseigner utilement les secours. Un croquis glissé dans le dossier de l’installation suffit.
Un extincteur adapté, rangé près de l’appareil et contrôlé, complète cette préparation. Il sert aux départs de feu dans la pièce, jamais dans le conduit, où l’attaque directe reste l’affaire des pompiers. La distinction se retient une fois pour toutes.
Enfin, un feu de conduit laisse presque toujours une trace dans l’historique de l’installation. Notez la date, conservez le rapport d’intervention et l’inspection qui a suivi, et faites figurer la remise en service par écrit. Ces documents rejoignent les attestations de ramonage imposées depuis 2023, et ils forment ensemble la mémoire du conduit.
Un dernier point concerne les voisins et les mitoyens. Un feu de conduit chauffe la maçonnerie sur toute la hauteur, y compris dans les parties qui traversent un mur mitoyen ou des combles communs. Prévenir immédiatement le voisinage, dans un immeuble comme dans une maison accolée, fait partie des gestes utiles et souvent oubliés.
Un second point concerne l’assurance. La déclaration se fait sans attendre, même en l’absence de dommage visible, et elle s’accompagne du rapport d’intervention des secours quand il existe. Un feu de conduit non déclaré complique tout dossier ultérieur, y compris plusieurs années après, si une fissure apparue à cette occasion cause un sinistre.
Un dernier repère concerne la prévention chez les autres. Un feu de conduit dans une maison mitoyenne ou un immeuble concerne tous les occupants, et le conduit voisin peut avoir souffert. Signaler l’incident au syndic ou aux voisins immédiats les met en mesure de faire contrôler leur propre installation, ce qui relève du bon sens autant que de la solidarité.
Questions fréquentes sur l’extinction d’un feu de cheminée
Faut-il jeter de l’eau sur un feu de cheminée ?
Jamais. L’eau se vaporise au contact de parois très chaudes, et l’expansion brutale peut faire éclater la maçonnerie ou projeter des braises dans la pièce.
Comment reconnaître un feu de conduit ?
Un ronflement continu et puissant venant du conduit, des flammèches au débouché, une fumée épaisse et un conduit anormalement chaud sur toute sa hauteur.
Peut-on rallumer après un feu de cheminée ?
Pas avant une inspection du conduit sur toute sa hauteur. La chaleur atteinte déforme les tubages et fissure les maçonneries, souvent sans trace visible.
Ce qu’il faut retenir de l’extinction d’un feu de cheminée
1. Quel est le premier geste devant un feu de conduit ?
- Monter sur le toit
- Fermer les arrivées d’air
- Ouvrir la porte
Voir la réponse
Fermer les arrivées d’air. Priver le feu de comburant ralentit l’épisode.
2. Que brûle un feu de cheminée ?
- Les bûches du foyer
- Le dépôt accumulé dans le conduit
- L’air de la pièce
Voir la réponse
Le dépôt accumulé dans le conduit. C’est pourquoi il continue même sans alimenter le foyer.
3. Quelle mesure prévient réellement ce risque ?
- Une bûche chimique
- Un ramonage aux échéances
- Un chapeau neuf
Voir la réponse
Un ramonage aux échéances. Il retire la matière combustible du conduit.
Comment ce guide de l’extinction d’un feu de cheminée a été vérifié
- Textes primaires ouverts un par un : Légifrance pour le code de la santé publique et les arrêtés, EUR-Lex pour le règlement européen d’écoconception.
- Les conditions d’aide sont reprises de la fiche MaPrimeRénov’ de service-public.gouv.fr, vérifiée par son éditeur le 1er septembre 2026 et relue le 30 septembre 2026. Un dispositif se révise : il se recontrôle avant tout engagement de dépense.
- Dernière vérification des textes : 30 août 2026.
- Aucun chiffre réglementaire publié sans le texte primaire qui le porte. Les ordres de grandeur de marché sont présentés comme tels, jamais comme un prix de vente.
Juan Sola Herreros
Directeur de projets, département Ingénierie, Panadero
- Ingénieur mécanique de formation
- Chez Panadero depuis plus de 9 ans
- Directeur de projets du département Ingénierie depuis 2020
Textes vérifiés en vigueur le 30 août 2026 : arrêté du 23 février 2009 relatif à la prévention des intoxications par le monoxyde de carbone dans les locaux à usage d’habitation, article 3 de l’arrêté du 23 février 2009, et articles R. 1331-66 à R. 1331-78 du code de la santé publique. Référence professionnelle : NF DTU 24.1, « Travaux de fumisterie — Installation de systèmes d’évacuation des produits de combustion desservant un ou des appareils », version 2020, norme payante citée par son titre et son objet.
Sur cette page
- Le reconnaître
- Les gestes
- À ne pas faire
- Après
- Éviter
- Questions fréquentes
- Ce qu’il faut retenir
- Comment ce guide a été vérifié
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