Résumé immédiat
Un mortier prévu pour les conduits de fumée : mortier réfractaire, ou mortier de fumisterie désigné par le fabricant des boisseaux, dont la fiche annonce sa tenue à la température des fumées. Il se pose en joints pleins, minces et lissés côté fumée. Le plâtre, le mortier gras ordinaire et le silicone se fissurent dès le premier hiver.
La question se pose à qui bâtit une souche, remplace un boisseau fissuré ou rehausse un conduit trop court. Le mortier n’est pas un détail : c’est lui qui rend le conduit étanche entre 2 éléments, et c’est lui qui cède en premier sous les cycles de chaleur. Le choix du produit, puis la façon de faire le joint, décident de la durée de l’ouvrage.
Que doit garantir le joint entre 2 boisseaux de cheminée ?
L’étanchéité, la tenue à la chaleur et à la corrosion, et une paroi lisse côté fumée.
L’article 2 de l’arrêté du 22 octobre 1969 demande ces qualités aussi bien aux éléments du conduit qu’à la nature et à la qualité des joints entre eux. L’article 6 exige des parois intérieures lisses, sans rétrécissement : une bavure de mortier qui déborde dans le conduit accroche la suie et gêne le hérisson.
Le texte, en vigueur depuis 1969, fixe le résultat ; le produit et le geste appartiennent au maçon. Un joint qui fuit se paie 2 fois : par un tirage qui chute, et par de la chaleur qui gagne la maçonnerie voisine. Le cadre complet du conduit conforme est dans le guide du conduit de fumée.
Mortier réfractaire ou mortier classique pour des boisseaux ?
Réfractaire, ou le mortier de fumisterie que le fabricant du boisseau indique.
Un mortier de maçonnerie courante tient les murs, pas les cycles de chaleur d’un conduit : il se rétracte, se fissure et laisse passer l’air, ce qui fait chuter le tirage. Un mortier réfractaire garde sa cohésion à la température des fumées et résiste à leur acidité. Sa fiche technique annonce une plage d’emploi : elle se lit avant l’achat et se compare à l’usage réel, bûches et feu de cheminée compris.
Les fabricants de boisseaux de terre cuite ou de béton indiquent le mortier compatible avec leur matériau, et la NF DTU 24.1, version 2020, encadre la mise en œuvre pour les professionnels. Le plâtre s’écarte d’emblée : il s’effrite sous la chaleur, comme le rappelle la page sur les points d’étanchéité.
Comment faire un joint de boisseau étanche et lisse ?
Plein, mince, sur un boisseau humidifié, puis lissé à l’intérieur avant la prise.
Le boisseau se pose sur un lit de mortier complet, sans vide, et se presse jusqu’à un joint fin. L’excédent qui déborde côté fumée se retire tout de suite, à la main ou avec une éponge fixée à une perche, pour laisser une paroi lisse : chaque bavure retiendra la suie à chaque saison.
Le montage respecte le sens d’emboîtement des éléments, et l’article 5 de l’arrêté interdit tout joint dans l’épaisseur d’un plancher en béton armé ou d’un chaînage pour les éléments de plus de 25 cm de haut. Le mortier sèche ensuite le temps indiqué sur le sac, conduit froid, avant la première flambée. Un montage par temps de gel attend des jours plus doux : le mortier ne prend pas, il gèle.
Que vérifier une fois les boisseaux de cheminée montés ?
La vacuité, la section, la hauteur du débouché, puis un ramonage dans les 12 mois.
Un conduit neuf se vérifie comme un ancien : libre sur toute sa longueur, de section compatible avec l’appareil, au tracé qui reste ramonable, et dont l’orifice dépasse de 0,40 mètre toute partie de construction distante de moins de 8 mètres. Les fissures reviennent ensuite avec l’âge, et c’est le moment où l’on découvre ce qu’est un boisseau et pourquoi tant de conduits finissent tubés.
Un mortier bien choisi retarde ce jour de plusieurs années, et un ramonage tous les 12 mois, obligatoire depuis 2023, fait repérer les premières fissures à temps. Quand la cote du débouché manque, la règle des 40 cm au-dessus du faîtage dit quoi corriger.
Réponse rédigée par Juan Sola Herreros, Directeur de projets, département Ingénierie, Panadero. Mise à jour le .
Textes vérifiés en vigueur le 27 septembre 2026 : arrêté du 22 octobre 1969 relatif aux conduits de fumée desservant des logements, dont ses articles 2, 5 et 6 sur les joints et les parois. Référence professionnelle : NF DTU 24.1, « Travaux de fumisterie — Installation de systèmes d’évacuation des produits de combustion desservant un ou des appareils », version 2020.