Résumé immédiat
Pour 2 raisons possibles. Soit de l’eau de pluie entre par un débouché sans chapeau ou par une souche dont le solin et les joints sont ouverts. Soit les fumées condensent dans un conduit trop large, trop froid ou mal tubé, et redescendent en coulures brunes et poisseuses. L’aspect et le moment de la coulure désignent la cause.
Une trace humide au pied du conduit, une auréole sur le plafond de l’étage, un liquide noir qui suinte au raccordement : le symptôme est le même, les causes ne le sont pas, et les remèdes non plus. Voilà pourquoi le diagnostic commence par regarder ce qui coule, quand, et d’où, avant d’appeler qui que ce soit.
Est-ce de la pluie ou de la condensation qui coule du conduit ?
La pluie coule claire, après une averse, et tache la maçonnerie ; les condensats coulent bruns, poisseux, pendant ou après la flambée. Une eau claire qui apparaît par temps de pluie, feu éteint, vient du toit.
Une coulure noire, collante, à l’odeur âcre, qui suinte par les jonctions du raccordement ou au té de purge, c’est du bistre encore liquide : les goudrons du bois se sont condensés sur une paroi froide. Un autre cas trompe : la rouille d’un chapeau en acier non traité descend sur la souche en coulures brunes que l’on prend pour une infiltration.
Pourquoi un conduit trop large ou trop froid fait-il couler des condensats ?
Parce que les fumées y ralentissent et refroidissent avant de sortir. Les gaz du bois contiennent des goudrons ; tant que la température reste élevée, ils sortent avec les fumées. Sur une paroi froide, ils se condensent et se déposent sous forme liquide.
Les installations concernées se ressemblent : conduit non isolé, section généreuse, appareil conduit au ralenti et bois acheté l’automne même. Un tubage ramène la section au bon diamètre et isole la fumée de la maçonnerie ; une rehausse posée sans reprise du tubage laisse en tête une portion non chemisée où la condensation se concentre. Un bois sec, sous 20 % d’humidité, et un feu vif plutôt qu’étouffé changent le reste. Le conduit de fumée détaille ce qui rend une section conforme.
D’où vient l’eau de pluie qui coule dans le conduit de cheminée ?
Du débouché, ou de la souche. Un conduit sans chapeau reçoit l’eau directement, et elle descend jusqu’à l’âtre en entraînant la suie. Une souche dont le solin est défait, dont les joints s’effritent ou dont le mitron est fissuré laisse l’eau entrer dans l’épaisseur du mur.
L’eau descend alors entre tubage et boisseau, et réapparaît 2 étages plus bas. Le contrôle se fait depuis le toit, au moment du ramonage : l’attestation ne couvre que la vacuité du conduit, l’état de la souche se demande en plus. Comment empêcher la pluie d’entrer par la cheminée passe en revue les pièces qui arrêtent l’eau.
Un conduit de cheminée qui coule est-il dangereux ?
Oui, quand ce sont des condensats : le bistre qui durcit sur la paroi est le combustible d’un feu de cheminée. Il brûle longtemps et très chaud, à quelques centimètres d’une charpente, et le hérisson glisse dessus : il faut un débistrage, prestation distincte du ramonage.
Les condensats acides attaquent aussi les tôles et les joints, et l’humidité travaille la maçonnerie d’un conduit qui coule de pluie. Dans les 2 cas, le ramonage annuel, au moins tous les 12 mois depuis 2023, est le moment où le professionnel voit ce qui coule et d’où. Le point sur le bistre et le feu de cheminée décrivent ce que l’on cherche à éviter.
Réponse rédigée par Juan Sola Herreros, Directeur de projets, département Ingénierie, Panadero. Mise à jour le .
Textes vérifiés en vigueur le 30 août 2026 : code de la santé publique, article R. 1331-71 et article R. 1331-75 ; article 18 de l’arrêté du 22 octobre 1969 pour le débouché.