Résumé immédiat
4 règles, dans l’ordre du chantier : l’écart au feu du conduit posé, donné par son fabricant et mesuré dans toutes les directions ; l’isolant dégagé sur tout le pourtour ; une plaque de distance ou un fourreau ventilé qui maintient ce dégagement ; une rosace côté pièce, qui finit sans protéger. Le tout se photographie avant de refermer.
C’est l’endroit du tracé où le conduit rencontre du bois, de la laine et parfois des câbles, et le seul qu’on ne reverra jamais une fois le plafond refermé. Un poêle posé au rez-de-chaussée d’une maison à étage, un insert sous une chambre, un suspendu sous des combles : tous passent par là. La règle tient en une distance et une pièce mécanique qui la garantit.
Quel écart au feu respecter entre le conduit et le plancher ?
Celui que fixe le fabricant du conduit posé, et aucune règle générale. La distance figure sur la notice et sur la plaque signalétique du produit ; elle se mesure depuis la paroi extérieure du conduit, dans toutes les directions, vers tout matériau combustible : solive, parquet, isolant, cloison à ossature.
Un simple paroi demande une distance nettement plus grande qu’un isolé double paroi, ce qui suffit souvent à décider du produit sur ce segment. C’est pourquoi la transition vers l’isolé se place au plafond, juste avant la traversée, et pourquoi 2 fabricants ne se mélangent pas sur un même tracé : leurs écarts diffèrent.
Le bois soumis à une chaleur modérée et répétée se dégrade lentement, puis s’enflamme à basse température : le respect de cet écart sépare une installation sûre d’un sinistre différé. Le guide du conduit de fumée replace la traversée parmi les autres points de conformité.
Comment tenir l’isolant à distance du conduit dans le plancher ?
Avec une pièce mécanique posée au moment de la traversée : plaque de distance de sécurité, fourreau ventilé ou coffrage non combustible selon le produit. Un dégagement fait à la main le jour du chantier ne survit pas à un passage dans les combles : la laine en vrac se retasse et revient au contact.
Une laine au contact du conduit est un risque réel, et cette pièce ne se rattrape pas sans rouvrir le plancher. Elle se pose donc à l’ouverture, se vérifie à l’œil, et se photographie : la distance à la solive la plus proche, le dégagement d’isolant, la présence de la plaque.
Côté pièce, la rosace referme le passage, absorbe le jeu de dilatation et donne la finition. Elle ne joue aucun rôle d’étanchéité au feu : c’est la plaque, au-dessus, qui tient ce rôle, et la rosace se pose en dernier, après la première mise en chauffe.
Que faire quand une solive du plancher gêne le conduit ?
Passer entre 2 solives quand l’écart au feu le permet, ou couper la solive et reporter sa charge sur un chevêtre. Cette contrainte décide souvent de la position exacte de l’appareil, à quelques dizaines de centimètres près, et elle se relève avant de dessiner l’implantation.
Un détecteur de structure et un sondage discret donnent l’entraxe et le sens des solives. Sur un plancher de béton armé, l’arrêté du 22 octobre 1969 demande, pour les conduits faits d’éléments de plus de 25 centimètres de hauteur, l’absence de joint dans la traversée de l’ouvrage. Un chevêtre relève d’un professionnel de la structure quand la portée est grande ou le plancher ancien.
Un plafond suspendu avec vide technique compte pour 2 traversées, et chacune demande son traitement : le vide fermé garde la chaleur, et l’écart au feu s’y applique aussi vers les gaines électriques.
Qui vérifie la traversée de plancher, et avec quelles méthodes ?
L’installateur avant de refermer, vous chaque saison, le ramoneur jamais. Le professionnel qui pose contrôle la traversée ouverte, conduit chaud pour la première fois, puis seulement la rosace se pose. Le ramoneur, lui, ne voit que le pied et le débouché.
Après une saison, une main posée sur le plafond autour de la rosace, le lendemain d’une flambée de 2 heures, donne un indice grossier mais utile : une zone franchement chaude appelle une vérification.
Le raccordement reste démontable : l’article R. 1331-70 du code de la santé publique vise les tuyaux de raccordement dans le ramonage, et une traversée scellée au plâtre rend l’opération incomplète. La NF DTU 24.1, publiée en 2020, encadre ces mises en œuvre pour les professionnels ; norme payante, elle s’invoque dans un marché de travaux. Le guide de la traversée d’un plafond et la température dans un conduit complètent ces règles.
Réponse rédigée par Juan Sola Herreros, Directeur de projets, département Ingénierie, Panadero. Mise à jour le .
Textes vérifiés en vigueur le 27 septembre 2026 : arrêté du 22 octobre 1969 relatif aux conduits de fumée desservant des logements, dont son article 5 ; code de la santé publique, articles R. 1331-66 à R. 1331-78 du code de la santé publique, dont l’article R. 1331-70. Référence professionnelle : NF DTU 24.1, « Travaux de fumisterie — Installation de systèmes d’évacuation des produits de combustion desservant un ou des appareils », version 2020.