Résumé immédiat
Parce qu’un conduit ouvert n’est jamais neutre : il ventile la maison en continu, laisse descendre la pluie jusqu’à l’âtre et abrite oiseaux, guêpes ou essaims. Condamner la cheminée, c’est fermer le conduit en pied et en tête, avec une ventilation résiduelle, de façon réversible. L’alternative est la remise en service.
La question se pose devant un âtre qu’on n’a pas allumé depuis des années, et qu’on laisse en l’état faute de décision. Pourquoi condamner ce qui ne dérange pas ? Parce que le conduit, lui, continue de travailler. Le guide que faire d’une cheminée qu’on n’utilise plus détaille les 4 options ; la condamnation est la plus simple et la seule réversible à peu de frais.
Une cheminée ouverte fait-elle perdre de la chaleur ?
Oui, en permanence, sans qu’aucune facture ne l’isole. Un conduit ouvert est une aération continue : il fait entrer de l’air froid ou évacue l’air chaud du logement selon les conditions, été comme hiver.
Cette déperdition ne se voit sur aucune ligne identifiable, ce qui explique qu’on la tolère des années. Elle se sent pourtant : un courant d’air au pied de l’âtre, une pièce plus dure à chauffer que les autres.
La fermeture en pied, par une plaque d’obturation, arrête ce flux le jour même. C’est la plus légère des 4 options, 2 pièces et un passage, et elle se défait quand on veut remettre le conduit en service.
Que fait la pluie dans un conduit de cheminée sans chapeau ?
Elle descend jusqu’à l’âtre et entraîne la suie sur son passage. Sur un conduit maçonné, l’eau traverse la maçonnerie et ressort en taches sombres dans la pièce, parfois loin du point d’entrée.
L’humidité travaille ensuite de l’intérieur : joints qui s’effritent, enduit qui cloque, odeur de suie mouillée dans le salon. Une souche dont le solin est défait aggrave le tout.
La fermeture en tête, par un chapeau ou une dalle, coupe l’entrée d’eau tout en laissant respirer le conduit. Le vocabulaire de cette partie haute est repris dans souche, mitre, chapeau : comment s’appelle le haut d’une cheminée.
Pourquoi un conduit inutilisé attire-t-il oiseaux et essaims ?
Parce qu’il est à l’abri, tranquille et jamais chauffé. Oiseaux au printemps, guêpes et abeilles en été : un conduit à l’arrêt est précisément celui qu’une colonie choisit.
Une fois installé, un essaim d’abeilles ne se chasse pas par le feu. La loi du 9 novembre 1942 interdit la destruction des colonies par étouffage, et allumer sous un essaim est de toute façon inefficace ; on appelle un apiculteur, puis on fait ramoner, la cire et le miel restés dans le conduit étant combustibles.
Un chapeau grillagé en tête ferme l’accès sans fermer le passage d’air. Posé sur un conduit condamné, il évite de retrouver un nid au moment d’une remise en service.
Condamner la cheminée ou la remettre en service avec un insert ?
Condamner si le feu ne manque pas, remettre en service s’il doit chauffer. Un âtre ouvert a un rendement très faible, un foyer fermé change l’équation : l’air est dosé, la chaleur captée, la charge de bois dure plus longtemps.
La remise en service passe par un diagnostic du conduit, vacuité, maçonnerie, section, hauteur de débouché conforme à l’arrêté du 22 octobre 1969, puis souvent par un tubage. Après 12 mois d’arrêt total, un ramonage précède la première flambée, et le rythme d’au moins un passage tous les 12 mois s’applique ensuite, fixé depuis 2023 par l’article R. 1331-71 du code de la santé publique.
2 points avant de décider : en copropriété, le conduit peut relever des parties communes et demander un accord ; et si la décision tarde, la fermeture provisoire arrête les nuisances sans fermer aucune porte. La façon de le faire est dans comment cacher une vieille cheminée, et le chantier de l’insert dans installer un insert dans une cheminée en maçonnerie.
Réponse rédigée par Juan Sola Herreros, Directeur de projets, département Ingénierie, Panadero. Mise à jour le .
Textes vérifiés en vigueur le 27 septembre 2026 : article R. 1331-71 du code de la santé publique pour le ramonage, arrêté du 22 octobre 1969 relatif aux conduits de fumée desservant des logements pour le conduit, loi du 9 novembre 1942 relative à l’interdiction de la destruction des colonies d’abeilles par étouffage pour les essaims.